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Les jouets de David CageBillet d’un gars effaré par la presse jeu vidéo…. Par Nemo le 13/03/10 à 19h37 |
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Si vous n’avez pas entendu parler d’Heavy Rain ces derniers temps, c’est que vous vivez en ermite au fin fond d’une grotte voire pire en Mayenne pour ne pas être atteint par l’impressionnante couverture presse qu’a suscité le dernier jeu de David Cage. C’est d’ailleurs un phénomène très intéressant à observer, j’ai beau ne jamais avoir mis la main sur Heavy Rain, je suis titillé comme jamais par la façon assez extraordinaire dont la presse jv a réagi. Au sein du nombre assez phénoménal d’article consacré à Heavy Rain, on trouve surtout beaucoup d’interviews et de dossiers consacré à la personne de David Cage. Certes ce n’est pas la première fois qu’une franchise de jeu vidéo est associée à un créateur spécifique dont le statut se rapproche alors du demi-dieu du jv dans la presse mais cette fois ça a été assez fulgurant. Un plan com quasiment digne de BHL , Botul en moins, qui était pourtant loin d’être gagné au départ. Licence to kill videogamesCar pendant ces dernières années, la presse JV a encensé, souvent à raison d’ailleurs mais avec un unanimisme confinant parfois au suspect, les suites et/ou blockbusters de licences connus ou des nouvelles franchises mais extrêmement mis en avant par les éditeurs. Certes tout n’était pas uniforme mais il convient d’admettre que beaucoup de jeux désignés pour devenir des détenteurs de bonnes grosses notes réussissaient leur coup sans trop de souci. Or voilà qu’un beau matin d’hiver si doux, au détour d’un sentier ils virent une vérité infâme sur un gameplay parsemé de cailloux. Soudainement, David Cage et sa quête du jeu vidéo « différent » prirent possession de l’encre et des claviers et son discours sur le « renouveau » du jeu vidéo fit l’objet de moult compte rendus /interviews voire blog VIP pour les plus accrocs. Ca ne me poserait aucun problème si David Cage ne se sentait pas obligé de nous faire le coup de la page qu’il faut tourner avec une arrogance auquel même la passion la plus débordante pour son travail ne saurait servir d’excuse. Que nous dit David Cage ? Il faut aller son blog pour lire, outre une critique pathétique des quelques journalistes qui ont osé mettre une note moins haute que les autres à Heavy Rain (en langage David Cage, ça compile en « Ils n’ont pas compris ; Ils sont bloqué dans leur conservatisme »), cette phrase qui résume bien l’ensemble de sa pensée : « Je ne suis sûr que d’une chose. Je ne veux plus faire de jouets. ». C’est dit et c’est violent. Toy StoryDavid Cage a un discours qui n’est pas sans contradiction. Il y a chez lui une espèce d’obsession à se situer au dessus de la masse style « je ne fais plus de jeu vidéo, je fais du film interactif » et dans le même temps à exiger une reconnaissance le milieu du jeu vidéo qu’il vient juste de dénigrer. Et puis surtout, quel besoin a-t-il d’écraser les autres pour se faire valoir ? Il y a de la place pour tout le monde dans le jeu vidéo et balayer d’un revers de main des années de jeux est une démarche grotesque et très méprisante. A ce niveau là, je vous avoue franchement que je m’attendais à un minimum de rébellion de la presse contre ce genre d’élucubrations avant de commencer à s’intéresser au cas Heavy Rain. Pas du tout, il a surtout plu des éloges et des longs silences comme si, tétanisés ou admiratifs selon les cas, une très grande partie des journalistes en sont restés bouche bés, ébahis. Joypad a été jusqu’à remplacer sa Une sur Heavy Rain par une photo de David Cage et à sortir le 10/10. (Tout se perd) Il faut d’ailleurs lire ce Joypad car il est toujours intéressant de voir un canard partir d’une bonne idée pour finir dans l’epic fail le plus total. La bonne idée ? Annoncer la couleur cash en une, « La rédaction s’engage ». Très bien. Pour une fois qu’un magazine annonce clair et fort un engagement, on ne peut que s’en féliciter. Mais une fois le magazine ouvert, c’est un festival. Un « éditorial » qui ressemble à une lettre d’amour à David Cage et qui ferait passer ceux du Figaro pour des dangereuses oeuvres subversives, une introduction de dossier itou. Avec en gros caractères, la sentence : « Si le jeu vidéo n’a pas besoin d’une presse rétrograde pour stagner (il le fait très bien tout seul). Il a en revanche besoin de tous les David Cage disponibles » Certes l’idée de faire se bouger une industrie qui a tendance à peu se renouveler est une chose à encourager. Mais comment peut-on sérieusement balancer une phrase aussi pleine de condescendance, plus arrogante que David Cage lui-même ? De plus, si l’on suit le raisonnement à la lettre du journaliste, on voit mal pourquoi il n’a pas encore donné sa lettre de démission d’un journal qui quelques pages plus loin n’a aucun mal à encenser des titres qui, ô sacrilège, sont loin de toute originalité. Cerise sur le gâteau, Joypad propose ensuite sur plus d’une dizaine de page une interview de David Cage où on nous prévient d’emblée que le spoil est présent un peu partout et qu’il vaut mieux avoir fini Heavy Rain pour la lire, un « mal nécessaire » nous dit Joypad. En langage courant, on appelle ça un foutage de gueule magistral quand on a payé 6.50€ pour justement en savoir plus, se donner envie. God HandAu final , beaucoup de questions demeurent : Pourquoi soutenir David Cage ? Pourquoi soutenir un type qui vous annonce en guise de conclusion que ce que vous avez encensé depuis des mois voire des années, ce ne sont rien que des jouets ? Pourquoi d’un coup vouloir faire la révolution avec lui en niant toute une histoire du jeu vidéo que d’autres s’acharnent à préserver ? Pourquoi vouloir faire la chasse au gamer qui aime bien les vieux concepts ? Il est navrant de voir ainsi des personnes ayant écrit à longueur de lignes pour défendre le jeu vidéo ne pas contredire un discours qui attaque ce qu’ils faisaient hier. Oui, Heavy Rain est probablement une expérience intéressante, peut être une étape dans l’histoire de l’interactivité mais reste qu’il est incompréhensible de voir autant de lumières se tourner, autant de tribunes s’écrire autour de David Cage sans que sa démarche ne soit jamais vraiment remise en cause. N’oublions pas que la main de Midas transformait certes tout ce qu’elle touchait en or mais qu’elle a aussi tué Lara Croft. |
Conclusion
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Ce phénomène mélangeant admiration et précipitation est d’autant plus navrant qu’aucune raison n’est véritablement donnée par ceux qui encensent le personnage Cage sur ce revirement. Quelle crédibilité accorder à ceux qui applaudissaient hier Call Of Duty Modern Warfare 2 et qui veulent 3 mois après passer à totalement autre chose et écrire une nouvelle page ? Certes c’est leur droit de changer, c’est même souvent une bonne démarche mais ceux qui se sont engagés sur cette voie ne pourront pas faire l’économie de l’inventaire de leurs propres contradictions. De plus, quand on traite des pans entiers du jeu vidéo avec mépris, il faut savoir l’assumer et bien avoir en tête que d’autres s’en souviendront. Pour ma part, je n’oublierais pas. Ce qui ne gâche toutefois en rien mon envie de jouer à Heavy Rain mais plus tard, quand le calme sera revenu, tranquille.
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Bof... Il a juste pas été accroché par l'histoire et les personnages. Dans la mesure où c'est ce qui fait genre 99.9% de l'intérêt d'Heavy Rain, c'est pas... |
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